Croisière au Spitzberg, près du 80e parallèleRencontre avec les glaces au Svalbard, à deux pas du Pôle Nord
L'archipel du Svalbard est de ces lieux qui font peur ou rêver. La vie y est extrême et proche de la nature. Reportage lors d'une croisière autour de l'île du Spitzberg.
Embarquement immédiat sur le MS Nordstjernen, bateau « roots » où le saumon fumé est incomparable. Nous sommes le 20 août, les passagers sont emmitouflés dans leurs gros manteaux, les mains protégées dans des gants et le bonnet enfoncé sur la tête. Départ pour une croisière en milieu hostile. Composer avec les élémentsLongyearbyen, Barentsburg, Ny-Alesund, villes les plus septentrionales du monde où la vie n’est pas tous les jours facile. 6 mois de nuit, 6 mois de jour. Des températures extrêmes qui ne dépassent pas 15°C l’été. Environnement accidenté, de montagnes, de roches et d’eau. L’ancien bateau de la Poste fend les flots jusqu’à la baie du Roi. Débarquement programmé mais un ours polaire se promène sur la rive. Protégé et dangereux il a la priorité, demi-tour. Nouvel essai de débarquement, nouvel échec. Trop de vagues, les canots pneumatiques sont ballotés, difficile de mettre pied à terre, demi-tour. Au bout du mondeEnfin la terre ferme, dans la baie de la Madeleine. Paysage grandiose, glacier tombant des montagnes dans la mer. Terre brune, nuages gris, eau profonde, neige fraîche… les yeux sont éblouis. Seul le bruit du vent trouble le silence. Un peu de marche et c’est le bout du monde, la solitude. Mais il ne faut pas trop s’éloigner, un guide est toujours à l’affut, jumelles au nez et fusil à l’épaule, les accidents d’ours sont vite arrivés. Retour au bateau pour se mettre au chaud. La glace du pôle nord descend bas cette année, le capitaine ne se risque pas à poursuivre l’itinéraire initial. Une déception passagère mais la nature est reine, il faut s’adapter. Le navire longe alors le début de la banquise. Morceau de glace épars, couleurs bleutés, crépitement de la glace qui fond. De l’eau gelée à perte de vue. Et soudain, la corne de brume s’élève. Le 80e parallèle est passé, champagne ! Accoudés au bastingage, les passagers admirent les reflets du soleil, suspendu au-dessus de l’horizon. Le temps passe, le 80e s’éloigne, la mer est houleuse, il faut s’accrocher à son lit, quand ce n’est pas aux toilettes. Ambiance mystèreLe lendemain, sortie spectaculaire au glacier de Lilliehöök. Les nuages gris enveloppent tout, le bateau disparait à mesure que le canot se rapproche du glacier. Gigantesque il impose sa stature de 40 mètres de haut pour 6 km de long. Un gros bloc de glace se détache et tombe avec fracas. Quelques vagues, des morceaux tapent contre la coque. Et le silence revient, ouaté, mystérieux. Des gouttelettes trempent les combinaisons, il fait très froid mais on resterai bien, c’est sublime. Malheureusement tout a une fin. Dernier débarquement accompagné d’un trappeur qui raconte ses conditions de vie, dans une cabane, sous la neige, seul, pendant des mois pour chasser ours, renards, morse… Le vent souffle terriblement fort, les nuages filent à une vitesse vertigineuse, le soleil fait quelques apparitions, les doigts congèlent. A protégerLe Spitzberg n’est pas une destination très touristique et tant mieux. L’environnement est fragile, l’écosystème survit et voyager là-bas n’est pas sans risques. La nature est hostile et l’homme doit se plier aux éléments.
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